Soutenir la recherche scientifique sur l'hyperactivité de l'enfant

L’hyperactivité de l’enfant : une maladie qui toucherait de 5 à 7% des enfants en âge scolaire. Bien qu’elle soit très médiatisée, les mécanismes scientifiques qui se cachent derrière l’hyperactivité restent encore mal connus. A commencer par le diagnostic : comment faire la différence de façon fiable entre un enfant turbulent et un enfant hyperactif ? Améliorer le dépistage de la maladie est au cœur du projet collaboratif des Dr. Michel Bader (Lausanne) et Diane Purper-Ouakil (Paris), ainsi que du Prof. Manuel Bouvard (Bordeaux). La fondation Urgo s’engage à leurs côtés.

Comment diagnotique-t-on l’hyperactivité aujourd’hui ?

Ce que les guidelines internationaux recommandent dans le processus diagnostique des déficits d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) :

- une investigation clinique au premier plan,

- complétée par l’utilisation de questionnaires de référence comme le CPRS de Conners

Un rapide historique...

Le très populaire questionnaire de Conners voit le jour dans les années 60 : il est initialement élaboré pour dépister toute une variété de troubles du comportement (troubles du sommeil, troubles alimentaires et troubles relationnels). En 1970, K. Conners effectue une série d’entretiens systématiques de parents, suite à laquelle elle publie un questionnaire de 93 items (Conners’ Parent Rating Scale – CPRS) utilisé pour des études psychopharmacologiques d’enfants hyperkinétiques. Enfin, c’est un questionnaire pour les enseignants qui voit le jour (39 items, Conners’ Teacher rating Scale – CTRS). Ces questionnaires vont subir diverses modifications (en partie pour suivre l’évolution du DSM-IV) et des versions courtes vont apparaître jusqu’en 1997.

Des lacunes à combler

- Malheureusement, on relève de nombreuses erreurs dans l’utilisation de ces questionnaires en recherche, en partie en raison de ses multiples versions et de leur usage dans des contextes inappropriés. La littérature demeure donc difficile à interpréter et peut entraîner des confusions chez les cliniciens comme les chercheurs

- Les qualités métrologiques de ces questionnaires (sensibilité, stabilité et validité) sont souvent mal connues des professionnels (Barkley, 1991)

- Aucune version française du CPRS-R n’a été validée dans cette forme, malgré son utilisation répandue en clinique comme en recherche

Objectifs de l’étude

Etablir un questionnaire francophone à partir du questionnaire de Conners, qu’il s’agira de valider afin :

- D’améliorer la qualité des processus diagnostiques pour les enfants présentant un TDA/H

- De permettre une évaluation de qualité de l’évolution de ces troubles au cours du développement et dans le cadre des prises en charges thérapeutiques

- D’améliorer les outils de recherches francophones dans le domaine du TDA/H